Peut-on avoir des relations sociales avec un personnage de série télé ?
Suite à un très interessant post de Christopher Allen, je me propose de vous donner mon point de vue…
Deux théorie issues de la psycho-socio émergent actuellement pour expliquer le rapport curieux qu’entretiennent certaines personnes avec des personnages fictifs de série télé ou des présentateurs.
La première s’appelle “Belonginess” (théorie de l’appartenance), et explique que le besoin d’appartenir à une tribu est instinctif chez l’homme, un instinct qui remonte à l’homme des cavernes, période où l’appartenance à un groupe était une condition indispensable de survie. Vous l’aimez, vous le détestez, mais vous avez une relation avec lui…Sa traduction moderne, dans un monde où l’isolement social n’est plus synonyme de mort assurée, est le sentiment qu’ont certains de faire partie de tribus dont ils suivent la vie sur le petit écran (Les feux de l’amour, Dallas, Lost… à chacun sa drogue).
La seconde est la théorie du lien para-social, qui stipule que les relations que nous établissons avec ces personnages fictifs, et plus encore avec des personnages médiatiques (en particulier les présentateurs d’émissions télévisés) est en tout point similaire à une véritable relation sociale, à ceci près qu’elle est à sens unique et qu’elle est dans l’absolue beaucoup moins susceptible de poser le moindre problème.
De toute évidence, l’engouement que connaissent régulièrement certaines séries télé (Lost, pour ne citer que le dernier avatar Hollywoodien récemment importé), est là pour confirmer ces deux théories. Les Unes des différents magazines TV des ces derniers mois le confirment également : selon la publication, c’est tel ou tel personnage de la série que l’on mettra en avant, afin d’attirer les fans de l’un ou l’autre.
Du point de vue internet, il est à noter que l’un des rare modèle de revenus que Friendster a mis en place est également basé (mais de loin) sur ce principe. Le site de networking social américain propose depuis peu aux studio Hollywoodiens de mettre en place un avatar des personnages de leur film sur le réseau afin de susciter la curiosité des internautes pour le film… et ça marche.
Après tout, MySpace, dans un autre genre, met en place lui aussi des relations para-sociales : je ne connais pas les musiciens de R.E.M. et pourtant, j’ai un lien avec eux.
Les producteurs, auteurs ou diffuseurs de séries TV auraient-ils intérêt à mettre en place de façon efficace et contrôlée ces relations para-sociales ? Sans nul doute. Entretenir de telles relation est un gage de fidélité, et donc d’audience soutenue.
Pour conclure, je reprendrais - avec distance - la conclusion de Christopher Allen, celui des conséquence d’avoir des relation para-sociale sur les (vraie) relation sociale. En partant du principe du nombre de Dunbar, qui veut que nous ne puissions pas avoir plus de 150 relations sociales en même temps, il étend ce concept en imaginant que cette limite de 150 s’applique à l’ensemble de nos relations (para-sociale et ‘normales’).
Est-ce une réalité ? Je n’en suis pas convaincu. et vous ?
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